LE PARNASSE

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INTRODUCTION

Le Parnasse est un mouvement poétique apparu en France dans la seconde moitié du XIXe siècle qui jura de « remonter » l’art poétique sur le mont Parnasse (Le mont Parnasse est, dans la mythologie grecque, le lieu de résidence d’Apollon et des neuf Muses.) d’où Lamartine l’avait fait descendre. Constitué entre 1860 et 1866 le parnasse est formé par un groupe de poètes qui se rapprochent par des aspirations communes : la recherche de la perfection formelle et le culte de « l’art pour l’art » théorisé par Théophile Gautier dans la préface de son roman Mademoiselle de Maupin en 1835.

 I-L’ART SELON LES PARNASSIENS

Ce mouvement est une réaction devant les excès sentimentaux du romantisme et la prétentieuse objectivité réaliste. Il prône la retenue et l’impersonnalité, Il rejette absolument l’engagement social et politique de l’artiste. Le parnasse se caractérise par les éléments suivants :

 1-L’objectivité et l’impersonnalité

Contre l’épanchement lyrique des Romantiques, jugé impudique et ridicule, les Parnassiens ont cultivé la distance, l’impersonnalité et l’objectivité. «Le thème personnel et ses variations trop répétées ont épuisé l’attention», note Leconte de Lisle. La recherche d’une Beauté idéale et la place donnée au poète dans la société ne pouvaient manquer de générer une conception nouvelle du travail poétique. Celui-ci est assimilé par les Parnassiens à un effort acharné pour extraire à la matière la plus dure une forme impérissable, «comme un divin métal au moule harmonieux» (Leconte de Lisle). Le poète devient ainsi sculpteur ou ciseleur, préoccupé par la plastique plus que par l’Esprit, et c’est sur ce point que les Symbolistes feront porter leurs objections.

Ce mouvement réhabilite aussi le travail acharné et minutieux de l’artiste – par opposition à l’inspiration immédiate du romantisme. Le poète devient ainsi un artisan des mots.

 2-Le culte de « l’art pour l’art »

Pour les Parnassiens l’art n’a pas à être utile ou vertueux et son seul but est la beauté. Théophile Gautier écrira en ce sens : « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid ». C’est pourquoi, les parnassiens recherchent pour leur poème une forme pure pour réaliser la beauté qui est éternelle. Le poète devient ainsi un artiste et son poème tire sa beauté de sa réussite esthétique et non de la morale ou de l’émotion du poète. C’est d’ailleurs ce qui pousse Charles Baudelaire à écrire : « la moralité d’une œuvre d’art, c’est sa beauté ».  Par rapport à la poésie, il ajoutera : « la poésie n’a d’autre but qu’elle même ; elle ne peut en avoir d’autre, et aucun poème ne sera si grand, si noble, si véritablement digne du nom de poème, que celui qui aura été écrit pour le plaisir d’écrire un poème. »

 3-L’art raisonné

Les Parnassiens privilégiaient l’innovation formelle allant de pair avec la recherche de la perfection formelle : le travail sur la versification, le mètre, la strophe, la recherche d’une perfection technique. Ainsi, le poème doit être raisonné, c’es-à-dire écrit avec précision. Le poète doit donc faire appelle à des images, un vocabulaire riche et précieux, un rythme oratoire   respecte la forme et recherche la rime. C’est dans ce sens que Théophile Gautier propose au poète le travaille de l’artisan. Il note en effet : « Sculpte, lime, cisèle ; / Que ton rêve flottant / Se scelle / Dans le bloc résistant ! »

Cette perfection formelle met en avant des thèmes historiques, épiques et ldes paysages exotiques

 II-THEMES, AUTEURS PARNASSIENS, CRITIQUES

Se voulant un art de l’érudition et n’ayant comme finalité la beauté, la thématique parnassienne est volontairement tournée vers l’évocation des civilisations anciennes, les paysages pittoresques, la méditation philosophique ou scientifique préconisant ainsi le recours à l’érudition, au savant, à l’étrange, à l’archaïque, à l’antique ou à l’exotique.

Parmi les auteurs parnassiens on peut citer : Théophile Gautier, Théodore de Banville. Charles Marie René Leconte de Lisle, considéré comme la tête de file du mouvement, Catulle Mendès, Sully Prudhomme, José-María de Heredia, François Coppée, Léon Dierx, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé. À signaler aussi le rôle passager d’Anatole France, qui écrivit de la poésie à ses débuts. Le Parnasse contemporain initia Arthur Rimbaud à la poésie de son temps, Francis Jammes, Paul-Jean Toulet.

Ce principe de « l’art pour l’art » ou de l’art pur ne convient pas à tout le monde. Ainsi, beaucoup d’écrivains vont critiquer ce mouvement et le quitter ensuite. C’est le cas de Charles Baudelaire, de Paul Verlaine et de Stéphane Mallarmé. Pour Baudelaire, la beauté n’est pas seulement la beauté apparente des formes, mais aussi, la beauté mystique. Sensible pendant quelques temps à ce mouvement, Verlaine va s’opposer au parnasse parce que la poésie parnassienne est descriptive, intellectuelle et ne voit les choses que de l’extérieur. En plus, il considère qu’il est impossible que le poète soit impersonnel dans ses œuvres. Quant à Mallarmé, s’il prône la technique de la forme, elle est orientée vers la mystique symboliste.

 CONCLUSION

Né d’une réaction contre le romantisme, le parnasse a eu pendant quelques temps un engouement certain avant d’etre critiqué par ses propres membres. Ces détracteurs vont se retrouver dans un autre mouvement appelé le symbolisme.

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