LES DISCOURS RAPPORTES

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Dans un récit, les paroles peuvent être rapportées indirectement. Elles sont alors intégrées au récit dont elles ne rompent pas la progression. Ce procédé appelé discours indirect impose de nombreuses transformations dans la phrase. Entre ces deux types de discours s’intercale le discours indirect libre.Les discours sont rapportés par le biais de verbes appelés verbes de parole.

I  – LES DISCOURS DIRECT, INDIRECT, INDIRECT LIBRE :

1.  Le discours direct :

Il s’agit d’un discours rapporté directement : quelqu’un (un narrateur ou un locuteur quel qu’il soit) rapporte les paroles de quelqu’un d’autre (d’un personnage ou d’un individu quelconque) telles qu’elles ont été énoncées. Les propos rapportés directement sont mis entre guillemets.

Exemple : Puis le prêtre dira le dimanche : « Mes chers enfants, priez pour tous ces prisonniers qui meurent sans avoir fait leur paix avec Dieu. » (Ferdinand Oyono, Une vie de boy)

2.  Le discours indirect :

Dans le discours direct, il y a transformation, transposition — selon un certain nombre de règles — de la parole rapportée directement. C’est pourquoi on parle de discours transposé.

Exemple : Passons du discours direct au discours indirect avec l’exemple précédent :

Puis le prêtre dira le dimanche à ses chers enfants de prier pour tous ces prisonniers qui meurent sans avoir fait leur paix avec Dieu.

Les paroles ne sont plus rapportées telles qu’elles ont été dites, mais sont transposées, transformées. Dans la plupart des cas, elles sont comme insérées dans une proposition subordonnée introduite par la conjonction de subordination « que ». La proposition subordonnée est dépendante d’une principale dans laquelle on trouvera, comme au discours direct, un verbe introducteur : « Il demande que», « Elle veut savoir si… » etc. D’autres changements interviennent : le temps des verbes, le type de phrase, les pronoms personnels ou les déterminants, mais aussi certains adverbes.

Les modifications de temps dans le style indirect :
Présent => imparfait Il m’a dit : « je vais bien ». Il m’a dit qu’il allait bien.
Futur => conditionnel simple Il m’a dit: « je téléphonerai » Il m’a dit qu’il téléphonerait.
Futur antérieur => Conditionnel passé Il m’a dit: « nous aurons terminé la chambre avant de venir. » Il m’a dit qu’ils auraient terminé la chambre avant de venir.
P. composé => P. que parfait Il m’a dit: « J’ai tout vendu » Il m’a dit qu’il avait tout vendu.

Les modifications des marqueurs de temps dans le style indirect, en gardant toujours les concordances de temps précédentes. Ces changements sont utiles dans les narrations.

Aujourd’hui => Ce jour-là Lucie pensait : « Je vais faire les

courses aujourd’hui. »

Lucie pensait qu’elle allait faire

les courses ce jour-là

Hier =>La veille Le commerçant lui a dit : « J’ai

été livré hier. »

Le commerçant lui a dit qu’il avait

été livré la veille.

Demain => Le lendemain Mais il a ajouté : « votre commande n’arrivera que demain. » Mais il a ajouté que sa commande n’arriverait que le lendemain.
(jour) prochain => Le (jour) suivant Il a terminé par: « j’espère qu’elle n’arrivera pas que mardi

prochain ! »

Il a terminé en lui disant qu’il espérait qu’elle n’arriverait pas le

mardi suivant.

 

Les modifications des pronoms dans le style indirect en gardant toujours les concordances de temps précédentes :
Il/elle m’a dit : « Je suis là. » Il m’a dit qu’il/elle était là
Il m’a dit : « Tu viendras aussi ! » Il m’a dit que je viendrais aussi.
Il m’a dit: « Vous viendrez ! » Il m’a dit que nous viendrions.
Il m’a dit : « Nous serons là », « On sera là ! » Il m’a dit qu’ils seraient là.

Les modifications des démonstratifs dans le style indirect :

Il m’a dit: « Je n’ai plus ce livre. » Il m’a dit qu’il n’avait plus ce livre-là.
Il m’a dit: « Cet enfant est sage. » Il m’a dit que cet enfant-là était sage.
Il m’a dit : « Je vais régler ce problème. » Il m’a dit qu’il allait régler ce problème-là.
Les modifications des possessifs dans le style indirect :
Il m’a dit : « Je n’ai plus votre livre. » Il m’a dit qu’il n’avait plus mon livre
Il m’a dit : « Je n’ai plus vos livres. » Il m’a dit qu’il n’avait plus nos/mes livres
Il m’a dit : « Je suis dans ma voiture. » Il m’a dit qu’il était dans sa voiture.
Il m’a dit : « Je vais régler votre problème. » Il m’a dit qu’il règlerait notre/mon problème
Il m’a dit : « Ce pull est à toi. » Il m’a dit que ce pull était le mien.
Il m’a dit : « Ce chat n’est pas à moi. » Il m’a dit que ce chat n’était pas à lui.

Autres modifications :

Est-ce que => si s'(avec il) Je lui ai demandé: « Est-ce que

tu viendras ? »

Je lui ai demandé s’il viendrait
Qu’est-ce que / que => Ce

que

Il m’a demandé : « Qu’est-ce

que tu fais ? »

Il m’a demandé ce que je faisais.
Qu’est-ce qui / qui => Ce

que

Il m’a demandé : « Qui est-ce

qui est volontaire ? »

Il m’a demandé qui était volontaire.
Qu’est-ce qui => Ce qui Il m’a demandé : « Qu’est-ce qui te fait plaisir ? » Il m’a demandé ce qui me faisait plaisir.
Les questions inversées

=>si

Il lui dit : « Croyez-vous qu’elle

viendra ? »

Il lui a demandé s’il croyait qu’elle

viendrait.

Les questions directes ne commençant pas par

« est-ce que » => gardent

le pronom interrogatif

Il me demande : « Depuis quand dors-tu ? »,

« Où vas-tu ? »…

Il me demande depuis quand je dors.

Il me demande où je vais.

L’impératif => De + infinitif Il lui a dit : « Pars ! » Il lui a dit de partir.

3.  Le discours indirect libre :

Le discours indirect libre modifie les paroles pour les intégrer au récit.

Comme au discours indirect, on modifie les pronoms, le temps et les connecteurs après un récit au passé. C’est un style intermédiaire entre le discours direct et le discours indirect qui supprime l’élément introducteur et la ponctuation n’est plus celle du discours indirect : les modalités interrogatives, exclamatives (en particulier) sont maintenues.

Exemple 1 : – Il se demandait s’il viendrait. – Il méditait en lui-même : viendrait-il ?

Exemple 2 : – Emile songea qu’il fallait faire le déplacement. Mais il n’avait pas encore choisi le moment. La semaine prochaine ? Pourquoi pas ? Pourvu qu’il n’y ait pas trop de monde sur les routes ! Il verrait bien ! Il téléphona : « J’arriverai mardi midi. »

II  - LES VERBES DE PAROLE :

1.  Signification et place du verbe de parole :

Pour rapporter des paroles dans un récit, on utilise une proposition contenant un verbe de parole (aussi appelé verbe introducteur).

Exemple : Une secrétaire lui disait : « Monsieur le directeur me charge de sous dire qu’il ne peut pas vous recevoir aujourd’hui. Il me charge de vous dire de revenir la semaine prochaine. (Tierno Monenembo, Les Crapauds-brousse)

Exemple : « Gens du Diallobé, dit-elle au milieu d’un grand silence, je vous salue. » (Cheikh Amidou Kane, L’aventure ambiguë)

2.  Verbes de parole les plus utilisés :

Le verbe le plus fréquemment utilisé pour introduire les paroles des personnages est le verbe « dire » ; mais c’est un verbe « neutre » : il donne peu de renseignements. De très nombreux verbes peuvent le remplacer.

En voici quelques-uns, classés selon leur sens et leur emploi :

se renseigner, etc.

marmonner, balbutier, bégayer, bredouiller, etc.

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